20/20 Miss Outlet avec Alexis Michalik

C'est du côté de Casablanca que Miss Peoplette a retrouvé, le temps d'une interview, Alexis Michalik. Le plus Shakespearien de tous les acteurs français s'est livré à nous avec un naturel déconcertant...Des rires aux larmes, en passant par ses passions et ses débuts, vous saurez tout de ce Roméo comique ! Même pas peur...
1/20 : Thé ou café ?

Alexis : Thé, thé à la menthe même ! Je ne bois que ça depuis que je suis là. (Rires). Je suis un peu extraterrestre vu que je ne bois pas d’alcool mais par contre, je dois boire un litre de thé par jour. Il y a une étude qui prouve que les pêcheurs japonais ont un taux de cancer de la prostate très bas, parce qu’ils boivent beaucoup de thé. Donc définitivement thé !

2/20 : Qu’est-ce qui te fait rire ?

Alexis : Plein de choses…plein de choses de la vie. Au théâtre, la bonne comédie, bien sûr. Je suis très bon public : une bonne comédie, un bon rythme et ça me va ! Au cinéma, je suis fan des dialogues et des films de Billy Wilder. L’humour complètement burlesque comme les Marx Brothers ou la comédie américaine en générale, même un peu « pourrie », ça me fait beaucoup rire. J’adore les stands up américains et la recherche perpétuelle de la vanne. Cela rejoint notre façon de travailler, notamment dans la mégère (« La mégère à peu près apprivoisée » de Shakespeare, comédie musicale mise en scène et adaptée par Alexis), où on recherche constamment la vanne, en improvisant sur scène devant le public et ça nous fait rire… nous, surtout.

3/20 : Qu’est-ce qui pourrait te faire pleurer ?

Alexis : C’est vraiment bête, mais à chaque fois qu’il y a une scène de sport dans un film, c’est la larme directe ! (Rires). A chaque fois qu’il s’agit d’une petite équipe qui part de rien et y arrive, avec la bonne musique, en plus, et ce sont les torrents de larmes ! Genre Cinderella man avec Russel Crow, les films de football, ou encore des choses plus sérieuses, comme l’Opéra… Je peux chialer comme un môme au final de Wagner ou Vivaldi. Sinon pour le reste, je suis assez philosophe, je sais prendre du recul.

4/20 : Enfant, tu étais…

Alexis : Enfant, j’étais premier de la classe. J’étais sage avec une raie sur le côté et je mettais les habits que ma maman me donnait pour le matin, et puis à un moment j’ai décidé de m’amuser et ça amusait les gens aussi. Quand on est premier de la classe, on n’est pas celui qui amuse les gens et très vite, on m’a dit : « ce n’est pas pour toi la comédie ! ». Donc forcément, c’est quelque chose vers laquelle j’ai eu envie d’aller, par esprit de contradiction, quelque part, et pour prouver aux gens qu’ils avaient tort.



5/20 : Si tu étais un film, tu serais …

Alexis : Je pense que le film parfait pour moi, c’est West Side Story. J’adore voir qu’il y a du travail dans un film. Quand il y a du travail, le film me plaît : Black Swann par exemple ! West Side Story, c’est la combinaison de tout, tout est parfait : la musique, les chorégraphies, les acteurs, la façon de filmer… C’est un travail monstrueux. Et comme je suis fan des comédies musicales, ça me parle beaucoup. Ce film est la personnification de tous les talents…

6/20 : Si tu étais une chanson ?

Alexis : Sans doute une chanson de Frank Sinatra. J’adore sa classe, et le premier genre musical auquel j’ai accroché est le Jazz vocal. Sinatra en est un peu le parrain. Pour la chanson, sûrement « My way » parce que non seulement c’est Sinatra mais c’est Claude François, un mélange de classe et de kitch absolu ! (Rires)



7/20 : Que regardes – tu en 1er chez une fille ?

Alexis : Si c’est une comédienne, je regarde d’abord son jeu…Et si son jeu m’intéresse plus que la personne, elle devient asexuée pour moi ! (Rires). Sinon, ça dépend…Je pense qu’il n’y a pas une chose qu’on regarde, mais une sorte de globalité qui nous emmène par la suite, vers le détail. On regarde une personne, c’est un peu flou, on entend sa voix, ce qui est très important et ensuite, on remarque les détails…Mais la première chose qu’on aperçoit, je dirais que c’est une silhouette.

8/20 : Est ce que tu aimes la mode ?

Alexis : J’ai un rapport assez distant avec la mode. C’est généralement la fille avec qui je suis qui va m’aider ou m’habiller même ! (Sourire). Par contre, j’ai un rapport très charnel avec les costumes… En tant qu’acteur et metteur en scène, je cherche d’abord à construire mon personnage et cela passe forcément par le costume. Sinon je suis assez neutre en matière de mode, et je suis généralement en retard de 2 ou 3 ans…

9/20 : Comment définirais-tu ton style ?

Alexis : Assez basique, pas très recherché. Je pense que je suis en jean-baskets 99% du temps. C’est aussi le côté de ce métier, c’est que hors temps de travail, on n’a aucun besoin d’être habillé. Je suis lamentable au niveau du style, il n’y a vraiment aucune recherche…(Sourire).

10/20 : Un parfum ?

Alexis : J’alterne entre 3 : Fahrenheit, le mâle de Gauthier et CK One. Et ce sont des parfums qui m’ont été offerts, donc je n’ai aucune légitimé !

11/20 : Un style de filles ?

Alexis : A partir de 70 ans, plutôt bien en chair…(Rires). Blague à part, je n’ai pas de style de filles, j’ai toujours fait le grand écart amoureux ! Si je regarde mon passé sentimental, il n’y en a pas une qui ressemble à l’autre…

12/20 : Comment est née ton envie de devenir acteur ? Est-ce que ça a toujours été ce que tu voulais faire ?

Alexis : C’est venu assez tôt, en fait. Au collège, en 6ème. J’étais arrivé en retard au premier cours où ils montaient la Conversation Sinfonietta de Tardieu, une pièce chorale où les partitions des musiciens sont remplacées par des mots et les rôles étaient déjà distribués… J’arrive, je ne sais pas trop quoi faire. La prof me dit alors de prendre un crayon et de faire le chef d’orchestre. C’est devenu un sketch total, je n’avais pas un mot mais je me suis éclaté ! A partir de là, le plaisir a commencé… et quand on est amoureux de la scène, on fait tout pour y être. C’est vrai que j’adore tourner, parce qu’on rencontre des gens formidables, on voyage beaucoup mais la scène, c’est quelque chose qui me manque littéralement quand je suis loin d’elle. C’est un besoin, comme un marin et la mer ! (Sourire). D’ailleurs, on a beaucoup de similitudes avec la mer, on a les mêmes superstitions, le directeur du théâtre est un capitaine de navire, dans les deux cas on voyage…

13/20 : Raconte- nous tes premiers pas dans la comédie…

Alexis : J’ai eu la chance de bosser avec Irina Brook, à 18 ans, dans Juliette & Roméo, et c’était vraiment ma formation. J’ai découvert une façon de travail fascinante : laisser l’acteur proposer et créer un groupe. Ça m’a beaucoup marqué et 3 ans plus tard, quand j’ai commencé à initier mes propres projets, cette façon de travailler m’est restée.

14/20 : Comment est née ta compagnie de théâtre « Los Figaros » ?

Alexis : À la base, ce n’était pas une troupe, c’était juste une bande du même conservatoire d’arrondissement, à Paris qui montait un spectacle. On a joué le spectacle, les gens ont aimé et on s’est dit, pourquoi pas l’emmener à Avignon. Et donc en 2005, on emmène le spectacle et on découvre un monde qu’on ne soupçonnait pas : on ne savait pas qu’un spectacle pouvait être vendu… Le spectacle a marché la bas,

ça a beaucoup plu, et on est revenu avec un autre spectacle l’année d’après. En 2006, on y retourne avec « La mégère à peu près apprivoisé » et on nait la bas, on trouve un producteur, un tourneur, on s’est professionnalisé…D’année en année, c’est devenu une troupe. Beaucoup de jeunes ont cette volonté de créer une troupe… nous c’est l’inverse qui s’est passé. On a travaillé ensemble, une fois, deux fois et finalement on s’est retrouvé à être une troupe. On peut dire qu’on est une compagnie qui est née par hasard ! (Rires). Je n’avais aucune ambition de révolutionner le théâtre, je voulais juste essayer des choses et apprendre. D’ailleurs, j’apprends toujours, je me considère encore en formation…

15/20 : Tu as déjà adapté La mégère à peu près apprivoisée et Roméo et Juliette, un faible pour Shakespeare ?

Alexis : En fait je ne connais pas grand monde qui n’aime pas Shakespeare ! (Sourire). Je suis à moitié anglais, j’ai des facilités à le retraduire et à me plonger dans son univers. Et c’est un très bon scénariste, il amène des structures d’histoire passionnante. A partir de là, quelque soit la mise en scène, on sait qu’on aura la bonne structure d’histoire. En plus de ça, Shakespeare avait une façon de reprendre des histoires et de les réinventer, il a travaillé sur des mythes, des personnages historiques. C’est dommage de dire que Shakespeare est intouchable, le meilleur hommage à lui faire c’est de reprendre ses œuvres et de les réadapter…

16/20 : Tu es acteur, metteur en scène et adaptateur, ce n’est pas dur de concilier les 2 ? Dans tes pièces, tu joues aussi…et tu diriges ! Comment on gère tout cela ?

Alexis : Au départ, je me suis dit qu’en jouant moi-même, ça me faisait un acteur de moins à diriger ! (Rires). Une façon de simplifier les choses…Et puis, il y a le plaisir de jouer dans sa propre mise en scène. Il faut avoir l’objectivité de s’imaginer sur scène, d’imaginer les groupes sur scène…Souvent mon travail de comédien commence à la première, je ne vais pas répéter, par exemple ! Je ne peux pas me faire répéter…Je commence à me concentrer sur le jeu à partir de ce moment-là, avant ça je me concentre sur le spectacle et les acteurs. Ce n’est pas quelque chose de difficile, c’est assez logique. Mais le prochain spectacle, je ne joue pas, je dirige et j’écris…

17/20 : Tu chantes et danses également, qu’est-ce que tu ne sais pas faire ?

Alexis : Plein de choses ! (Rires). Ce qui est drôle, c’est que je chante pour le spectacle, mais je ne suis pas du tout chanteur. Je n’ai pas de formation de danseur non plus. Quand on a commencé la Mégère, on s’est dit : « On est une bande de bras cassés, on ne sait pas chanter, on ne sait pas danser et on va monter une comédie musicale ! ». On a donc tout appris. Par exemple, je voyais bien un numéro de claquette, on a pris des cours de claquettes pendant 6 mois… En 5 ans de spectacle, le constat est qu’on a tous énormément évolués en chant ! On est tous devenus, presque des chanteurs ! (Rires). Et même les chorégraphies… on se retrouve aujourd’hui à pouvoir improviser en chant et en danse presque naturellement, parce que c’est devenu notre façon de travailler !

18/20 : C’est dans la comédie que tu te sens plus à l’aise ? Y a-t-il des rôles que tu aimerais faire et que tu n’as jamais eu l’occasion de faire ?

Alexis : C’est un peu osé à mon âge de dire que j’ai fait le tour de la question. (Sourire). J’ai envie de jouer plein de choses, j’ai encore plein de choses à apprendre et à essayer ! L’intérêt du métier de comédien, c’est de toute sa vie évoluer. L’instrument qu’il est évolue avec le temps, parce qu’on ne joue pas la même chose au fur à mesure des années. Notre façon de jouer aussi évolue et c’est ce qui est intéressant. On offre sa vie, son corps, sa voix à l’art. J’adore la comédie parce que je n’étais pas destiné à faire ça, j’adore l’art de la comédie. Il n’y a rien de plus agréable et plus exigeant d’ailleurs ! Mais c’est aussi agréable de jouer des rôles dramatiques, c’est jouissif de sentir un envoi d’émotion dans une salle. Tout est à prendre : les rôles Shakespeariens, Molière, Goldoni… C’est aussi une question d’envie qu’on provoque. Et ce qui est beau dans ce métier, c’est qu’on ne sait jamais ce qui nous attend.

19/20 : Tu es en tournage sur Casablanca en ce moment, est-ce qu’on peut en savoir plus ou c’est un secret ?

Alexis : Je tourne dans la nouvelle série Canal Plus qui s’appelle Kaboul Kitchen. Ça se passe à Kaboul mais ça se tourne à Casablanca. C’est l’histoire d’un expatrié français qui tient un restaurant, à Kaboul, en 2005. L’expatrié c’est Gilbert Melki et autour de lui gravitent des jeunes comédiens français, Benjamin Bellecour, Stephanie Pasterkamp, et moi ! Ce sera diffusé en janvier 2012. C’est très drôle, très bien ficelé. J’ai déjà eu le plaisir de tourner au Maroc, c’est un plaisir de retrouver le pays, les équipes de tournage et les comédiens Marocains…

20/20 : Ton actu, tes projets…

Alexis : Déjà Kaboul Kitchen ! (Rires). Je prépare mon prochain spectacle qui s’intitule « Le porteur d’histoire », dans lequel je ne joue, pas cette fois-ci, et qu’on emmène à Avignon en juillet. C’est une histoire qui parle de l’histoire, de la narration, et l’importance qu’a une histoire dans notre vie. Je fais donc des allers-retours à Paris pour les répétitions. J’ai un film qui est à Cannes, dans lequel je joue. J’espère y aller, monter les marches…c’est mon 1er festival. La vie est belle !

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